Quand nos maladresses d’amour nous éloignent les uns des autres
Il y a une expression que j’utilise souvent dans mes accompagnements : « les maladresses d’amour ».
Ces moments où, en voulant protéger, aider, rassurer, transmettre ou simplement faire de notre mieux, nous finissons parfois par produire l’inverse de ce que nous souhaitions.
Nous voulons nous rapprocher, et nous nous éloignons.
Nous voulons être entendus, et nous élevons la voix ou nous taisons sur ce qui compte profondément pour nous.
Nous voulons protéger l’autre, et nous ne lui laissons plus suffisamment de place.
Bien sûr, toutes les difficultés familiales ne se résument pas à des maladresses d’amour. Mais cette expression nous invite à porter un autre regard sur ce qui se joue dans nos relations, au-delà des comportements que nous observons.
Lorsqu’un enfant ou un adolescent traverse une période difficile, il arrive que toute l’attention se concentre sur lui : ses réactions, ses émotions, ses comportements, ses difficultés à l’école ou à la maison.
Et si nous prenions aussi le temps de regarder ce qui se vit autour de lui, entre les personnes qui composent sa famille ?
Non pas pour chercher un coupable, ni pour faire porter aux parents la responsabilité de toutes les difficultés de leur enfant, mais pour mieux comprendre les interactions, les besoins et les tentatives d’adaptation de chacun.
Car nous faisons tous partie de systèmes relationnels dans lesquels nous influençons les autres, tout en étant influencés par eux.
Dans une famille, chacun arrive avec son histoire, sa sensibilité, ses besoins, ses limites, ses peurs, ses attentes et sa manière d’exprimer – ou de ne pas exprimer – ce qu’il vit.
Et parfois, à force de vouloir bien faire, de se protéger ou de protéger les autres, nous développons des manières d’être en relation qui ne nous permettent plus vraiment de nous rencontrer.
Les non-dits s’installent. Les désaccords se répètent. Les intentions sont mal comprises. Certains prennent beaucoup de place, d’autres s’effacent. Et chacun peut finir par se sentir seul, incompris ou impuissant, même au milieu de ceux qu’il aime.
Venir en thérapie avec sa famille, c’est prendre le temps de s’écouter, de mettre des mots sur ce que chacun vit et de reconnaître les besoins qui se cachent parfois derrière nos réactions.
C’est parfois simplement permettre à un enfant de ne pas rester seul avec sa tristesse, ses peurs ou ses colères. Lui montrer qu’il peut les partager, qu’elles ont leur place et qu’il n’a pas à les traverser seul.
C’est aussi, pour chacun, pouvoir explorer sa part de responsabilité dans ce qui se joue au sein de la famille, sans culpabilité et sans porter celle des autres.
Je crois profondément que les familles disposent de nombreuses ressources, même lorsque les tensions, les inquiétudes ou la fatigue les rendent difficiles à percevoir. Mon rôle est de contribuer à créer les conditions pour que ces ressources puissent être reconnues, partagées et mobilisées.
Parfois, il est également précieux d’élargir le cercle : accueillir les grands-parents, les oncles, les tantes ou d’autres personnes importantes dans l’histoire familiale. Non pas pour remonter à tout prix à l’origine d’un problème, mais parce que la rencontre de plusieurs regards peut ouvrir de nouvelles compréhensions et de nouvelles possibilités.
L’objectif de la thérapie avec la famille n’est pas de faire disparaître les différences, les désaccords ou les conflits. Il n’est pas non plus de construire une famille parfaite.
Il s’agit plutôt d’apprendre à mieux se comprendre, à se dire les choses avec davantage d’authenticité, à traverser les tensions sans nécessairement perdre le lien et à permettre à chacun de trouver sa place.
Et si, derrière certaines de nos maladresses d’amour, nous pouvions découvrir de nouvelles manières de nous aimer, de nous respecter et d’être en relation ?
PROJECTIONS DE SÉANCES DE THÉRAPIE FAMILIALE
Ces séances de thérapie familiale ont été filmées par Maurizio Andolfi et l’Académie de la Psychothérapie Familiale à Rome.
Un grand merci aux familles qui ont accepté de partager une part de leur intimité, de leur fragilité et de leur vulnérabilité, offrant ainsi à d’autres la possibilité de découvrir la thérapie familiale de l’intérieur.
Se lancer dans une thérapie, que ce soit seul, en couple ou en famille, peut susciter des craintes et des appréhensions. Que va-t-on pouvoir dire ? Comment les autres vont-ils réagir ? Quelle place chacun pourra-t-il prendre ?
Ces projections permettent de découvrir, à travers des situations réelles, comment une séance de thérapie familiale peut devenir un espace pour mettre des mots sur ce qui se vit, explorer les relations et mieux comprendre ce qui se joue entre les personnes.
Elles invitent notamment à regarder autrement les difficultés rencontrées par un enfant ou un adolescent, en prenant aussi en compte les relations et le contexte dans lesquels il évolue. Non pas pour chercher un responsable, mais pour ouvrir de nouvelles pistes de compréhension et permettre à chacun de trouver sa place dans la réflexion.
Notre histoire, nos expériences d’enfance et les liens que nous avons construits peuvent influencer notre manière d’être en relation. Les explorer peut parfois éclairer certaines réactions, certaines répétitions ou certaines difficultés, sans pour autant réduire notre vécu à notre passé.
Pour les personnes qui s’interrogent sur leur propre parcours, ces projections peuvent également faire écho à des expériences personnelles et relationnelles. Pour les professionnels de la santé, de l’éducation et de la relation, elles offrent une occasion de découvrir concrètement le travail thérapeutique familial et multigénérationnel.
Vous trouverez ci-dessous les différents thèmes abordés. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez organiser une projection ensemble.
CLIQUEZ ICI pour les titres disponibles et résumés (en PDF).
AGENDA (Projection à la demande)
TITRES DISPONIBLES et RÉSUMÉ :
– LES GALETS DE CAPUCINE – Du contrôle à la redécouverte des sentiments (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en français.
– LE VOLCAN ET LE BLOC DE GLACE : Traumatisme et Résilience d’une Famille Juive (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en français.
– THOMAS ROI DE NORMANDIE : L’histoire de la guérison après avoir longtemps souffert de psychose (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en français.
– DU SUICIDE LENT AU RETOUR A LA VIE : L’HISTOIRE D’AGATHE : (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en français.
– LES PERTES ET LES SI NOMBREUX MONDES DE RAFFAELLA : Une histoire de migration (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en italien sous-titré français.
– LE COMPORTEMENT AGRESSIF DE CAMILA APRÈS LE DIVORCE DE SES PARENTS (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en anglais sous-titré français.
– UNE FAMILLE « IL Y A LONGTEMPS » : Des enfants au milieu d’une séparation conjugale en colère (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en anglais sous-titré français.
– LA PERTE D’UN ENFANT ET LE DEUIL FAMILIAL (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en anglais sous-titré français.
– PORTES CLOSES : Une recherche difficile du père (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en anglais sous-titré français.
– « RETOUR » EN TURQUIE » : Une intervention centrée sur l’enfant (8 ans, ayant reçu un diagnostic de TDAH) (cliquez ici pour le résumé du film). Projection en anglais sous-titré français.
Renseignements : +32 476 94 01 76
“N’oubliez jamais comment bat le cœur d’un enfant en souffrance.”
Adapté d’une citation d’Éric Debarbieux citant Janusz Korczak
Cliquez sur l’affiche pour voir la bande annonce et un descriptif du film.











